Marcos Carrasquer – Jours de folie

Exposition du 12 octobre au 22 décembre 2019
Centre d’art contemporain A cents mètres du centre du monde

LES VANITÉS DE NOTRE TEMPS

Comme mis en boîte, personnages et objets coexistent dans une réalité, apparemment inexplicable. Tous appartiennent à la même composition, ironiquement solennelle et déclamatoire. Déclamatoire oui, car il y a une touche satirique dans ce silence chaotique où rien ne semble tenir du hasard. Si tout est rendu avec une objectivité méticuleuse, c’est surtout la négation de toute relation qui nous pousse à créer des connecteurs rationnels et logique. Impossible de ne pas se questionner sur un quelconque sens, sur une énigme à percer, un message à décoder. Pourquoi cette liasse de dollars ? Quel lien unit ce vieil ordinateur cassé à ce pot à cornichons ? Pour autant, est-ce que nous nous interrogeons de la sorte lorsque nous déposons négligemment un livre près d’une boîte à médicaments sur une table de nuit ? Non, évidemment. En ce sens, les peintures de Marcos Carrasquer sont des interrogations sur le caractère construit des choses. À l’image de Max Ernst, l’artiste cherche volontairement « la rencontre de deux réalités distantes sur un plan étranger à toutes deux ». Ce principe d’association irrationnelle de figures hétérogènes, où le bon sens comme la logique font défaut, est proche du « modèle intérieur » que réclame André Breton. Néanmoins, si un mystérieux jeu de correspondances et d’apparences est invariablement tangible dans l’oeuvre de Marcos Carrasquer, il ne s’agit pas pour autant de surréalisme. S’émane davantage une confrontation-fusion riche en références historiques et en allégories sur fond de sarcasme. D’une toile à l’autre, des dénominateurs communs se distinguent : l’horloge, le nazi, la maladresse, la laideur, l’argent, le pansement, le téléphone portable ou le livre. Ces éléments forment un vocabulaire carrasquerien, employé pour dépeindre une humanité tyrannique, vilaine et tourmentée. Ici, l’être humain n’est que la matérialisation acerbe de ses défauts. Si Francisco de Goya portraiturait avec raillerie les ravages du temps sur deux vieillardes parées de richesses futiles, Marcos Carrasquer à son tour peint les vanités de notre époque. Les traits fatigués, aigris ou vicieux rivalisent de disgrâce comme pour mieux ridiculiser la superficialité des apparences. Cette hyper-superficialité, omniprésente, étouffe notre mal-être, nous rend stérile face à l’horreur, nous fait perdre la mémoire. Ces livres et ces horloges incarnent ainsi la dilution du lointain souvenir qui s’efface au fil des heures… Les réminiscences de l’extrémisme, de la corruption et des atrocités du passé n’altèrent en rien notre imperturbable tranquillité… Focalisés sur l’instantanéité de notre téléphone ou l’allure de notre physique, nous sommes ces êtres devenus uniformément beaux mais emplis de défauts innombrablement laids.

Anne-Laure Peressin

 

L’exposition se tiendra aux côtés de Préservation du temple de Rosa Loy.

Yto Barrada: The Dye Garden, New York

Originally presented at the American Academy in Rome and expanded for the Neuberger Museum of Art, Yto Barrada: The Dye Garden features recent work by Barrada, whose artistic practice weaves together family history and broader sociopolitical narratives, employing a variety of media, including photography, film, video, installation, sculpture, books, and hand-dyed textiles

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15 rue des Arquebusiers
75003 Paris

Horaires

Du mardi au samedi
de 11h à 19h. (Mardi et samedi jusqu’à 20h30)

From Tuesday to Saturday
from 11am to 7pm. (Tuesday and Saturday until 8.30 pm)

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